Eyemazing mars 2008




SFR JEUNES TALENTS - FEVRIER 2008

SHOT - NOVEMBRE 2007



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ARTICLE PARU DANS LE MAGAZINE PHOTOFAN N°15 # mai-juin 2007

Chronique du quotidien
"Il se peut que ces images soient le reflet d'un état qui n'est pas le mien,mais celui d'un déprimé chronique auquel on aurait confié un appareil photo.
Depuis plus de dix ans,je suis ce personnage keatonien qui me rappelle sans relâche que le temps passe et que je demeure, du moins sur le papier"
Jean-Claude Delalande est un étrange bonhomme, la référence à Buster Keaton (qu'il évoque ci-dessus) est une évidence: il posséde ce même humour qui s'affiche sans sourire.D'autre références,photographiques,peuvent être trouvées: Duane Michals pour ce sens de l'autoportrait mis en scène de manière savante ou encore Martin Parr dont on retrouve, transposé en noir et blanc, l'ambiance de vacances un peu morne.
Les influences, même prestigieuse, sont d'habitude trop envahissantes et "mangent" la personnalité de l'auteur, rien de cela ici, Jean-Claude Delalande n'est pas encore une célébrité, son nom n'est pas connu et pourtant ses images sont déjà des Delalande!
Deux personnages principaux figurent sur ces images, Jean-Claude et sa compagne, mais un trosième protagoniste à peine moins apparent hante la série: le temps, les photos, réalisées durant une dizaine d'années, retrouvent le charme des albums familiaux où les adultes vieillissent tandis tandis que les enfants grandissent.
Ce temps qui prend un malin plaisir à montrer son passage confère à la série une densité forte.Certaines photos, qu'au premier regard pourraint relever de l'anecdote ou de l'humour un peu trop décalé (avec parfois même une pointe de cynisme), trouvent, grâce à l'écoulement du temps d'image en image, leur véritable humanité.
Le piqué et la qualité du noir et blanc (des prises de vues faites à la chambre ou au moyen format) ne sont pas sans effet, ils évoquent l'ambiance des photos des années soixante, mais des années soixante à la saveur intemporelle...décidément, le temps tient ici un rôle bien compliqué.
Il y aurait encore beaucoup à dire sur ces photos, lmes regards qui jamais ne se croisent mais qui souvent s'adresse au spectateur, la neutralité des visages, les mouvements qui hésitent entre le flou et la théâtralisation, la présence invisible de l'éclairage, la mise en scène très travaillée, les décors et les accessoires soigneusement choisis...
Ce perfectionnisme tellement poussé qu'il sait se faire oublier rappelle Tintin, un Tintin qui aurait lu Kafka.
Pascal Miele
ARTICLE PUBLIE DANS LE N° 13 DE IMAGES MAGAZINE # Novembre 2005


Scènes isolées de la vie ordinaire.
Avec des personnages à la merci d'un auteur qui pince le quotidien sans vouloir nécessairement en rire, une saga se monte en noir et blanc et installe une atmosphère singulière, comme on aime les trouver dans les bons romans. Présentation sommaire en quelques pages choisies.
Si s'aimer, c'est regarder dans la même direction, ceux là ne s'aiment peut-être pas comme l'entendait Antoine de Saint-Exupéry. Mais l'atmosphère plus sèche que pesante qui se dégage des photographies est bien sûr ce qui touche et qui plaît. En s'invitant un peu plus longtemps dans ces photographies noir et blanc entièrement fabriquées par Jean-Claude Delalande, on note qu'elles racontes un certain bonheur, un peu amer, un rien acide, dans lequel deux solitudes se télescopent pour façonner un couple de solitaires. La plupart du temps, le monsieur de ces saynètes en images, uniques est le photographes lui-même, et la dame une amie proche. Le décor, toujours renouvelé, est en général une maison de vacances, louée ou empruntée à des amis.
Comme Franz Kafka à Prague, Jean-Claude Delalande travaille dans une compagnie d'assurances italienne à Saint-Denis. Depuis douze ans, il consacre ses loisirs à son imagerie du couple moderne avec l'ardeur des auteurs qui se respectent et produisent sans trop se préoccuper de publication. Ainsi naissent les oeuvres fortes, promises à une reconnaissance qui arrive tôt ou tard, de droit. On dit souvent d'un bon livre qu'il permet au lecteur de se représenter la scène, de se l'imaginer à la lettre. Le compliment se retourne vers les photographies de Delalande: à qui les voit de se faire son roman, un roman d'humour où se faufilent l'ennui, la rupture et parfois comme un projet de fuite, voire de meutre, tant la duplicité de l'homme avec la caméra de l'artiste est forte. Le ressort dramatique tient précisément à ce regard rivé sur l'objectif, dont on se demande s'il est un témoin gênant ou le complice commandé à distance. Car Delalande ne laisse rien au hasard ses scènes de ménage sont écrites et bien préméditées, à l'accessoire près (la bicyclette souvent convoquée au casting n'est pas toujours innocente), sans jamais verser dans l'anecdote ou le clin d'oeil. Son personnage de petit bourgeois inquiétant ou pathétique ressemble à tout le monde et se trouve à sa place en ces jardins d'heures creuses, dans ces intérieurs agréables photographiés à la chambre de grand format, éclairés dans la clarté du cinéma américain de la haute époque des années 1960. Recourant la confortable profondeur de champ qui garantit sa lisibilité, le travail sans faute d'orthographe accepte parfois la fantaisie d'une surimpression, la licence d'un flou de bougé.
Auteur cérébral à rapprocher d'Anna et Bernhard Blume pour la fiction en plus raisonnable, de Duane Michals pour la dérision sans l'impertinence, Delalande ne rend pas hommage à ceux qu'il affirme ne pas connaître, il poursuit son propre chemin, comme si l'image à venir, toujours inédite, suffisait à son bonheur d'artiste. L'oeuvre qui s'épaissit de pièces toutes abouties et collectionne les prix et concours d'amateurs devrait bientôt trouver une galerie ou la maison d'édition assez avisée pour initier une certaine carrière publique, même si on imagine encore mal Delalande renoncer à l'assurance de son intimité de créateur.
Hervé Le Goff



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PHOTOGRAPHIES MAGAZINE "Spécial Jeunes Talents" n° 68- Juin 1995
